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06.02.2007
FRAIGNEAU
LE LIVRE DU CENTENAIRE
édité avec le concours du Centre National du Livre
Diffusion nationale et Pays francophones : Atlantica-Séguier
Chronologie, Études, Témoignages, Pages retrouvées, Bibliographie, 224 pages sur Bouffant.
Avec les contributions de : Robert POULET, Pol VANDROMME, Étienne de MONTETY, François BROCHE, Marc-Gabriel MALFANT,Georges LAFFLY, Philippe SÉNART, Michel DÉON de l’Académie française, Georges DEZEUZE, Marcel SCHNEIDER, Philippe d’HUGUES, François SENTEIN, Olivier FRÉBOURG, Jean-René VAN DER PLAETSEN, Claude DULONG-SAINTENY de l’Institut, Pierre RISSIENT. Direction de l’ouvrage et Introduction : Michel MOURLET.
Comme Stendhal en 1840 ou Paul-Jean Toulet en 1925, Fraigneau depuis 1950 n’est pas seulement un écrivain ; c’est un mot de passe qui permet aux jeunes gens d’une certaine qualité de se reconnaître entre eux. Puis les jeunes gens vieillissent, mais certains gardent au cœur cet éclair de jeunesse qui a pour nom "grâce humaine". C'est à eux que s'adresse ce livre, qui fait le point sur l'un des grands prosateurs du XXe siècle.
Jusqu’au 30 avril, André Fraigneau, le Livre du Centenaire vous est proposé en souscription. Il s’agit du TIRAGE DE TÊTE : cent exemplaires numérotés, exclusivement réservés aux souscripteurs, au prix de 16 € (port compris). Après le 30 avril, l’ouvrage en édition courante sera vendu 21 € par correspondance (port compris) et 18 € en librairie. Pour être sûr d’acquérir un (ou plusieurs) exemplaire(s) de tête numérotés, souscrivez dès maintenant en vous adressant aux éditions FRANCE UNIVERS et accompagné de votre règlement par chèque. Votre commande vous sera expédiée sous 15 jours.
> LIENS :
- Les enfants de Venise (éd. Arléa)
- Escales d'Un Européen (site L'esprit européen) [cf. aussi blog libertylovers]
- Le Livre de raison d'un roi fou (blog culture & débats) [cf. aussi blog libertylovers]
- Etude de J. Mabire dans Que Lire ? (éd. Dualpha)
- Etude de G. Laffly : Le Grand Conseil (éd. de Paris)
- Etude de M. Mourlet : André Fraigneau (éd. France Univers)
- Portrait par P. Vandromme dans L'humeur des lettres (blog scorpiowinD)
- Pour curiosité : Le goût de Toulouse (textes réunis par S. Baumont)
- Voir aussi : nécrologie d'Antoine Blondin (L'Humanité)
- La petite citation du blog foire à tout !
André Fraigneau, C’était hier : chroniques du xxe siècle, texte établi par D. Villemot (Rocher, 2005, 160 p., 16 €). Pas de doute, le xixe siècle n’a fini de mourir que dans les années 1950. C’est ce qu’on se dit en lisant ce recueil de chroniques parues de 1949 à 1960 dans diverses revues et magazines parisiens. Malgré la IInde Guerre mondiale, un certain monde continuait vaille que vaille, celui de Christian Bérard, de Cocteau, de Marie Laure de Noailles. On pouvait encore, comme le fait André Fraigneau, vagabonder tel un simple Barrès dans des « villes d’art » telles que Venise, Bruges et Rome. Bref, un certain esthétisme et une certaine vie cosmopolite étaient encore possibles. Ces chroniques sont cependant surtout parisiennes, et le hasard de l’actualité y conduit Fraigneau à travers livres, expositions, spectacles, concerts, musées et réceptions. Parisiennes, certaines le sont même excessivement, reflétant uniquement le dernier film, le dernier vernissage, la mode, voire « la farandole étincelante de nos vitrines parisiennes ». L’auteur promène sur tout cela un regard à la fois hédoniste et agile. Des naïvetés d’époque, çà et là, comme celle qui consistait à ranger le professeur Mondor parmi les « écrivains » aux côtés de Cocteau et de Malraux. L’auteur éprouve par ailleurs le besoin d’exhorter la jeunesse française à suivre tel ou tel exemple, comme si cette jeunesse pouvait suivre des conseils. Mais Fraigneau souffre d’une certaine déréliction de la France, et ce sentiment le pousse, romantisme à part, à citer au moins autant Barrès que Mallarmé, ce qui, soyons juste, ne l’empêche pas de vanter aussi Dali ou Rilke. Écrites au fil des jours et de l’actualité, ces chroniques se lisent agréablement. On y voit, parfois, poindre le véritable xxe siècle, celui de la télévision et aussi celui de la récupération de la jeunesse, lorsque Genet déclare à Fraigneau que la jeunesse d’aujourd’hui « ne vit plus que par volonté de représentation » et qu’il s’agit pour elle « de ressembler aux couvertures de magazines, aux affiches de film » – ajoutons : aux gagnants des jeux et « reality shows » de la télévision. À propos du progrès, une piquante notation : « Léonard de Vinci n’envisageait pas que l’avion servirait à autre chose qu’à bombarder de neige les pavés brûlants des villes italiennes pendant l’été. » (source)
André Fraigneau, Journal intime, Papiers oubliés dans l’habit. Carnets 1922-1949, textes réunis et annotés par D. Villemot (éd. du Rocher, 2001, 274 p., 21 €). Notre temps est à ce point friand de journaux intimes que certains écrivains n’hésitent pas à publier eux-mêmes le leur, comme si la moindre ligne notée au jour le jour par ces prodiges contemplant leur nombril était promise à l’immortalité. Il n’en va pas exactement ainsi avec ces textes de Fraigneau, extraits de carnets laissés par l’auteur à sa mort en 1989. L’ensemble, qui se situe de 1922 à 1949, est cependant un peu inégal, parce qu’il constitue un mélange de notations quotidiennes, parfois très cursives, de méditations plus développées et de réflexions souvent décousues. Tel est bien le danger de ce type d’inédits : publiés en volume séparé, ils perdent de leur intérêt, et ne sauraient vraiment retenir que les spécialistes de l’écrivain. Partagé – sans déchirement – entre les beaux garçons et les jolies filles, Fraigneau y note ses émois d’adolescent, puis ses réflexions sur l’amour et l’érotisme, et certaines de ses rencontres (assez peu, finalement). À noter aussi un intéressant catalogue des snobismes de 1924 vus par un adolescent : Journal d’un Parisien de dix-sept ans. Un certain éclectisme de goûts fait osciller Fraigneau entre toute une littérature 1900 (Péladan, Bourges, Wilde, Barrès) et son ami Cocteau. Stendhal et la Grèce ne cessent par ailleurs de le fasciner, tout comme une certaine recherche de Dieu. De belles notations sur Le Grand Meaulnes : « Tout le livre sent la terre mouillée, le froid aigre et l’on entend cet étonnant silence des routes droites, sans pittoresque où le pas sonne sur des mystères imprévus. » Mais pourquoi y a-t-on accroché une note sur Alain-Fournier précisant que ce roman est, « avec sa Correspondance avec Jacques Rivière, la seule œuvre importante de cet auteur » ? Comme si Fournier avait écrit quinze ou vingt livres… À parcourir ces inédits, on espérait aussi y trouver, par exemple, des précisions sur les rapports ambigus de Fraigneau avec Marguerite Yourcenar, rapports transposés dans Feux et Le Coup de grâce. Il n’en est rien, sans doute parce que Fraigneau était, en l’occurence, pudique. Et aussi parce que c’est finalement une illusion de croire que ce type d’écriture peut révéler des secrets biographiques. Demeurent le style, et une certaine façon de réfléchir sur soi-même et les autres, tout en répétant sa propre solitude. (source)
12:45 Publié dans LITTERATURE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature
05.02.2007
INTERMEDE
16:15 Publié dans VARIA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique



